Champ sur Layon – Un peu d’histoire

Il n’y a pas de véritable paroisse de Champ avant la Révolution. Mais il existe dès le XVIème siècle dans un champ dit « Les Gilberderies » une chapelle que fit construire François de Lesperonnière, seigneur de La Roche-Bardoul et du Pineau. En 1650, ce seigneur, considérant « l’éloignement du village de Champ et des villages voisins par rapport à l’église de Thouarcé » fonde une rente pour l’entretien d’un chapelain qui célèbre la messe le dimanche et le mercredi, et un petit cimetière est créé près de la chapelle.

En 1791, un décret du 21 septembre, sanctionné par le roi Louis XVI le 19 octobre, crée la paroisse de CHAMP à la demande des habitants du village qui se plaignent du mauvais état des chemins pour se rendre à Thouarcé.

Les premières années sont probablement très difficiles. En pleine Révolution, la paroisse est isolée et enclavée, coupée de THOUARCE, car il n’y a plus de pont sur le Layon. Les notables sont morts ou émigrés : Monsieur François de CHEVERUE, seigneur de Souvardaines, est assassiné dans son château dans la nuit du 18 au 19 novembre 1791 ; le château du Pineau est incendié et son propriétaire, Monsieur Etienne DUMESNIL du PINAU (1er maire de THOUARCE en 1789) émigre.

La commune est plusieurs fois supprimée et rétablie entre 1801 et 1820. A partir de 1811, les actes d’état-civil sont mentionnés sur le registre d’état-civil de Thouarcé et signé par le maire de « THOUARCE – LE CHAMP ».

La commune est définitivement rétablie par une ordonnance du 1er juin 1820. C’est le début de son développement. La commune se structure, en particulier sous l’impulsion de Monsieur DELAUNAY, propriétaire du château du Pineau, qui restera maire pendant 45 ans :

  • 1842 : acquisition d’un bâtiment qui devient mairie – école,
  • 1857, inauguration de l’église construite à l’emplacement de l’ancienne chapelle,
  • 1861 : don à la commune d’une maison pour en faire une école des filles,
  • 1867, construction d’un bâtiment regroupant mairie – école et logement du garde-champêtre,
  • 1870 : création d’un corps de sapeurs-pompiers et acquisition d’une pompe à incendie ;

En 1888, la crise du phylloxéra bat son plein. Le vignoble angevin est totalement détruit et l’économie de la commune est profondément perturbée. En mars 1890, le Conseil Municipal délibère pour autoriser la circulation des plants américains, seule façon de lutter contre la maladie.

La dernière décennie du XIXème siècle et la première du XXème sont marquées par des tensions fortes au sein du Conseil Municipal, tensions qui atteignent leur paroxysme au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Eta (1905). Le calme ne revient qu’après les élections de 1908.

Comme dans beaucoup de communes, la guerre de 1914-1918 provoque une saignée dans la population : 28 jeunes hommes sont tués ou portés disparus. En 1919, la commune érige un monument à leur mémoire où sont gravés leurs noms.

Après la guerre, la vie reprend petit à petit son cours. Dans les années 1920, le chemin de fer est le plus grand moyen de locomotion. Et en 1923, le Conseil Municipal demande même l’appellation de RABLAY-CHAMP pour la gare de RABLAY.

CHAMP SUR LAYON n’a pas trop à souffrir de la guerre et l’occupation, mais 6 habitants sont tués au combat et une trentaine sont prisonniers dont le plus grand nombre ne rentreront qu’au printemps 1945.

Dans les années soixante et le début des années soixante-dix, l’exode rural fait sentir son effet : la baisse de la population s’accélère (932 habitants en 1946, 745 en 1982).

Le Conseil Municipal s’attelle à la tâche pour redynamiser la commune :

  • 1979 : lancement d’un 1er lotissement (le « Soleil-Levant ») avec locatifs et accession à la propriété.
  • 1980 : construction de la salle polyvalente.
  • 1981 : construction d’un atelier-relais dans le cadre d’un syndicat intercommunal.
  • 1983 : construction du centre de secours et d’un atelier communal.
  • 1989 : approbation d’un POS (Plan d’Occupation du Sol) ; création d’une zone artisanale ; réalisation d’une station de lagunage pour l’assainissement.

En 1994, la commune est confrontée à la disparition de la dernière épicerie. Un local commercial avec logement est construit en 1997 par la municipalité pour permettre l’installation d’une supérette.

Parallèlement, CHAMP SUR LAYON s’intègre dans son territoire en rejoignant le 1er janvier 1996 la Communauté de Communes des Coteaux du Layon.

Dans les années suivantes, le développement se poursuit : d’autres lotissements voient le jour (« le Chesneau » en 2002, les Gilberderies » en 2008) et de nouvelles infrastructures (garderie périscolaire, cantine…).

Toutes ces réalisations ont un effet positif, puisque CHAMP SUR LAYON avoisine désormais les 1 000 habitants.

Et l’histoire continue…

Le 1er janvier 2016, CHAMP SUR LAYON crée avec FAVERAYE-MACHELLES, FAYE D’ANJOU, RABLAY SUR LAYON et THOUARCE la commune nouvelle de BELLEVIGNE-EN-LAYON.

Et au sein de cette commune nouvelle, la désormais commune déléguée de CHAMP SUR LAYON se donne les moyens de construire son avenir : en 2016, pour conforter le bar-supérette, le commerce est réaménagé pour y adjoindre un restaurant et une réserve foncière est constituée pour de futures constructions.

Sources :

  • Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine et Loire – Célestin Port
  • Opuscule réalisé par Jacques Lecointre, maire de Champ sur Layon, et Maryvonne Duveau, secrétaire de mairie, à l’occasion du bicentenaire de la commune (19 octobre 1791 – 19 octobre 1991).